Le changement de saison agit souvent comme un interrupteur sur notre état d’esprit : on se sent parfois plus énergique au printemps, parfois plus morose en automne — pas toujours besoin d’être philosophe pour le remarquer. Plusieurs facteurs biologiques et psychosociaux se conjuguent pour modifier notre humeur.
Au cœur du phénomène, le rôle de la lumière est central : elle régule notre horloge biologique, appelée rythme circadien, qui contrôle le sommeil, l’éveil et la sécrétion d’hormones. Quand la durée d’ensoleillement change, notre production de mélatonine (l’hormone du sommeil) et de sérotonine (impliquée dans le bien‑être) se modifie, et notre humeur peut suivre le mouvement.
La saison influe aussi sur des éléments moins visibles : la disponibilité en vitamine D (synthétisée par la peau sous l’effet du soleil), la température, les habitudes sociales (moins d’activités extérieures en hiver) et même l’alimentation. Pour certaines personnes, ces variations s’additionnent et peuvent conduire à un épisode plus marqué, connu sous le nom de trouble affectif saisonnier (TAS).
Pourquoi ça se passe biologiquement ?
Plus précisément, les changements d’ensoleillement modulent le noyau suprachiasmatique dans le cerveau, notre horloge interne. Une exposition réduite à la lumière du jour augmente la production de mélatonine et peut diminuer la sérotonine, entraînant fatigue, appétit modifié et tristesse passagère. Des études montrent aussi des variations saisonnières dans l’activité de certains circuits neuronaux impliqués dans l’humeur et la motivation.
Il existe par ailleurs une composante génétique et individuelle : tout le monde n’est pas affecté de la même façon. Certaines personnes sont plus sensibles aux variations saisonnières et développeront des symptômes plus intenses, tandis que d’autres ne ressentiront presque rien — bref, pas de règle universelle, juste des tendances.
Que faire pour atténuer les effets ?
Heureusement, plusieurs stratégies simples peuvent aider : augmenter son exposition à la lumière naturelle (promenades quotidiennes, placer son bureau près d’une fenêtre), maintenir un rythme de sommeil régulier, pratiquer une activité physique régulière et soigner son alimentation pour soutenir la vitamine D et les neurotransmetteurs. Pour les cas plus sévères, la luminothérapie et un accompagnement médical peuvent être proposés.
Si vous observez une baisse d’énergie persistante, une humeur très basse ou une perte d’intérêt pour vos activités habituelles, il est important de consulter un professionnel de santé. Pour en savoir plus sur le trouble affectif saisonnier et les recommandations, voir les fiches de santé publiques fiables comme celle du NHS ou de la Mayo Clinic.
Diplômé en informatique et en marketing, Christophe Duhamel est co-fondateur de Marmiton et passionné de cuisine et de nutrition. Entrepreneur et manager expérimenté, il répond à de nombreuses questions pratiques, techniques, culinaires et sur bien d’autres sujets.