Janvier a ce petit goût de « page blanche » qui invite naturellement à l’introspection personnelle. Après les fêtes, beaucoup d’obligations sociales se réduisent : moins d’événements, moins de sollicitations, et une sensation générale de retour au calme. Ce temps vide, loin d’être inutile, devient un terrain fertile pour se poser des questions sur ce qu’on veut garder, changer ou construire.
Sur le plan temporel, janvier marque un repère chronologique clair : une nouvelle année commence, et avec elle la possibilité d’un nouveau départ. Les humains aiment les repères, ils structurent notre mémoire et notre motivation. Le passage d’une année à l’autre est l’un des plus forts repères sociaux et personnels, propice au bilan et à la projection.
La météo et le rythme jouent aussi leur rôle. Les nuits plus longues et les journées plus calmes favorisent le repli et la réflexion ; on lit plus, on dort autrement et on prend le temps d’analyser. Pour certains, cette lenteur est stimulante pour la créativité et l’autoréflexion — pour d’autres, elle peut demander de la vigilance (voir les troubles affectifs saisonniers).
Ajoutez à cela les injonctions culturelles aux résolutions et aux bilans : discours médiatiques, entreprises qui lancent des objectifs annuels, et amis qui se fixent des projets. Tout cela crée une atmosphère où l’on est plus enclin à questionner ses priorités et à concevoir des changements durables — parfois avec humour, parfois avec sérieux.
Mécanismes psychologiques qui rendent janvier si propice
Plusieurs processus expliquent cette propension au regard intérieur. Le « fresh start effect » (effet du nouveau départ) montre que les repères temporels rendent les gens plus disposés à entamer des comportements aspiratoires : on s’engage plus facilement vers un objectif quand on perçoit un nouveau départ (démontré par des chercheurs en psychologie sociale). Pour un résumé accessible de ces travaux, voir un article de synthèse sur le sujet ici.
Par ailleurs, le contraste entre l’année passée — souvent associée à un bilan — et l’année à venir favorise la construal cognitive : on réévalue ce qui est important et on élabore des plans. Les repères externes (calendriers, bilans professionnels, fêtes) renforcent les repères internes (valeurs, désirs), facilitant ainsi la remise en question constructive.
Comment tirer parti de janvier sans pression
Si vous voulez transformer cette propension en bénéfice concret, commencez simple : fixez un ou deux objectifs clairs, faites un petit bilan (ce qui a marché, ce qui bloque) et planifiez des étapes réalistes. La régularité l’emporte souvent sur l’ambition démesurée. Pensez aussi à votre énergie : adaptez vos objectifs au rythme hivernal plutôt que de lutter contre lui.
Enfin, si la saisonnalité vous pèse (fatigue, humeur basse), n’hésitez pas à consulter des ressources fiables : par exemple la page du NHS sur le trouble affectif saisonnier pour reconnaître les signes et agir en conséquence https://www.nhs.uk/conditions/seasonal-affective-disorder-sad/. L’introspection est utile, mais elle doit rester bienveillante : le but n’est pas de se juger, mais de s’orienter.
Diplômé en informatique et en marketing, Christophe Duhamel est co-fondateur de Marmiton et passionné de cuisine et de nutrition. Entrepreneur et manager expérimenté, il répond à de nombreuses questions pratiques, techniques, culinaires et sur bien d’autres sujets.