Pourquoi a-t-on parfois envie de tout remettre au lendemain quand les jours raccourcissent ?

Quand les jours raccourcissent, il ne s’agit pas seulement d’une impression : l’organisme reçoit moins de lumière naturelle. Or cette lumière sert de repère à notre horloge biologique, qui synchronise le sommeil, l’éveil, la température corporelle et une partie de l’humeur.

La baisse de luminosité peut favoriser la production de mélatonine, l’hormone qui prépare au sommeil. Résultat : on se sent parfois somnolent plus tôt, moins alerte le matin et plus lent à démarrer une tâche. Le cerveau n’est pas forcément paresseux ; il croit simplement que la journée touche déjà à sa fin.

Le froid, le manque d’activité extérieure et les soirées plus longues peuvent aussi réduire l’énergie mentale. Une tâche paraît alors plus pénible, surtout si elle demande de la concentration ou une décision. Remettre au lendemain devient une façon rapide d’éviter cet effort immédiat, même si cela ajoute ensuite une dose de culpabilité — le petit abonnement premium de la procrastination.

Chez certaines personnes, cette baisse saisonnière est plus marquée. Elle peut s’accompagner d’une humeur triste, d’un besoin accru de dormir, d’un appétit plus important ou d’un retrait social. On parle alors parfois de dépression saisonnière, un trouble reconnu qui mérite un avis médical. Le NHS présente ses symptômes et ses traitements.

Pourquoi la procrastination augmente-t-elle en automne et en hiver ?

La procrastination apparaît souvent lorsque le niveau d’activation baisse. Le cerveau privilégie les récompenses faciles et immédiates : regarder une vidéo, rester sous la couette ou repousser un dossier. En parallèle, le manque de lumière peut perturber le rythme veille-sommeil, ce qui rend l’attention et la motivation moins stables.

Ce phénomène ne touche toutefois pas tout le monde de la même manière. Le sommeil, le stress, les habitudes de vie, l’exposition à la lumière et la sensibilité personnelle aux changements de saison jouent un rôle. Ce n’est donc pas une fatalité ni une preuve de manque de volonté.

Comment retrouver un peu d’élan quand la lumière baisse ?

Donner des repères à l’horloge biologique

Sortir à la lumière du jour, idéalement le matin, peut aider à recaler le rythme veille-sommeil. Une promenade de quelques minutes, un trajet à pied ou une pause dehors sont souvent plus utiles qu’une pièce éclairée artificiellement. Il est également préférable de conserver des horaires réguliers de lever et de coucher.

Réduire la taille des tâches

Pour contrer le réflexe de report, il est efficace de commencer par une action très précise : ouvrir le document, écrire trois lignes ou travailler pendant cinq minutes. Cette méthode diminue la résistance au démarrage et transforme une montagne floue en petite marche accessible.

Enfin, si la fatigue, la tristesse ou la perte d’envie durent plusieurs semaines et gênent la vie quotidienne, mieux vaut en parler à un professionnel de santé. La dépression et ses formes saisonnières peuvent être prises en charge, notamment grâce à un accompagnement adapté et, dans certains cas, à la luminothérapie.

Christophe Duhamel

Diplômé en informatique et en marketing, Christophe Duhamel est co-fondateur de Marmiton  et passionné de cuisine et de nutrition. Entrepreneur et manager expérimenté, il répond à de nombreuses questions pratiques, techniques, culinaires et sur bien d’autres sujets.

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