Pourquoi se fixer des objectifs trop ambitieux peut être contre-productif ?

Se fixer des objectifs, c’est bien. Se fixer des objectifs trop ambitieux, c’est parfois comme vouloir gravir l’Everest en tongs : ça peut faire joli sur le CV, mais c’est souvent dangereux pour la santé — mentale et physique.

Un but irréaliste peut rapidement miner la motivation : à force de ne pas atteindre la cible, l’estime de soi s’érode, l’enthousiasme s’évapore et la personne finit par abandonner. Psychologiquement, c’est le cocktail parfait pour la procrastination et la perte de confiance.

Au-delà du moral, il y a des conséquences pratiques : objectifs démesurés = pression excessive = stress et burn‑out. Sans parler des effets pervers comme le raccourci éthique (sacrifiez la qualité pour atteindre des chiffres) ou le pilotage à vue (on néglige le processus au profit du seul résultat).

Les recherches en psychologie du travail montrent que des buts doivent être clairs et attainables pour produire de la performance durable. Trop d’ambition sans plan ni ressources, c’est souvent un rendement décroissant, pas une accélération.

Pourquoi ça coince : mécanismes qui rendent l’excès d’ambition contre‑productif

Auto‑efficacité : quand un objectif dépasse vos capacités perçues, vous perdez foi en votre capacité à l’atteindre, ce qui réduit l’effort fourni.

Effet boomerang : l’échec répété crée de la résignation apprise — on se protège en abandonnant plutôt qu’en risquant un nouvel échec.

Tunnelisation : des cibles trop ambitieuses poussent à ignorer les indicateurs intermédiaires et les signaux de danger (qualité, bien‑être, relations), ce qui fragilise les résultats à long terme.

Stress et santé : la pression constante augmente le stress chronique, avec des impacts documentés sur la santé mentale et la productivité (voir l’OMS sur le burn‑out).

Que faire à la place : conseils pratiques

1) Fractionnez vos ambitions en micro‑objectifs mesurables et temporellement définis. Cela permet de créer des victoires régulières et d’alimenter la motivation.

2) Privilégiez les systèmes et les habitudes plutôt que le seul résultat : un bon système vous rapproche du but même quand la motivation flanche.

3) Vérifiez la réalité : ressources, délai, compétences. Ajustez l’ambition ou prévoyez l’accompagnement nécessaire.

4) Intégrez des points de contrôle réguliers pour corriger le tir, et acceptez de redéfinir l’objectif si les conditions changent.

5) Mesurez le progrès, pas seulement l’écart final : les indicateurs intermédiaires sont vos alliés.

Pour approfondir : l’OMS explique les risques liés au burn‑out et le rôle du travail sur la santé mentale, et l’APA propose des ressources sur la gestion du stress et des objectifs.

WHO — Burn‑out (2019)

APA — Stress resources

Christophe Duhamel

Diplômé en informatique et en marketing, Christophe Duhamel est co-fondateur de Marmiton  et passionné de cuisine et de nutrition. Entrepreneur et manager expérimenté, il répond à de nombreuses questions pratiques, techniques, culinaires et sur bien d’autres sujets.

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