Pourquoi est-il parfois difficile de tenir ses bonnes résolutions ?

Tenir ses bonnes résolutions ressemble souvent à vouloir apprendre le tango en une soirée : l’intention est là, mais la technique, le rythme et l’entraînement manquent. Plusieurs mécanismes psychologiques et contextuels expliquent pourquoi la motivation fond aussi vite qu’un macaron oublié sur le radiateur.

Première cause : les objectifs trop ambitieux ou vagues. Un objectif flou — « être en meilleure santé » — ne donne ni feuille de route ni critère de succès. Sans précision, on ne sait pas quand on a réussi, ce qui rend facile de lâcher prise.

Deuxième cause : les habitudes. Notre cerveau adore l’éco‑mode : répéter les mêmes routines économise de l’énergie cognitive. Changer une habitude demande de l’effort répété et des signaux environnementaux différents — sinon l’ancien comportement reprend rapidement.

Troisième cause : la volonté n’est pas inépuisable. La fatigue, le stress et la multiplication des décisions créent une forme d’« épuisement décisionnel » : on finit par céder aux gratifications immédiates plutôt que de poursuivre un bénéfice futur. L’entourage et le contexte jouent aussi : un frigo bien garni de tentations aide peu une résolution alimentaire.

Enfin, l’écart d’identité explique beaucoup : dire « je veux courir » ne suffit pas si votre image de vous‑même reste « je ne suis pas sportif ». Les changements durables sont souvent ceux qui s’alignent sur l’« identité » que l’on adopte progressivement.

Comment augmenter ses chances de réussite

La bonne nouvelle ? Il existe des outils simples et validés pour transformer une bonne intention en action durable. Voici les plus efficaces :

1. Définir des objectifs SMART et mesurables

Remplacez « perdre du poids » par « perdre 3 kg en 3 mois en faisant 30 minutes de marche 4x/semaine ». Un objectif précis crée des critères d’évaluation et réduit l’ambiguïté.

2. Utiliser les « intentions d’implémentation »

Formulez des plans du type « si X arrive, alors je ferai Y » (ex. « Si il est 18h, alors je mets mes baskets »). Ces si/alors améliorent fortement la réalisation des objectifs (travaux de P. Gollwitzer et collègues).

3. Fractionner et automatiser

Découpez en micro‑habitudes (de 2 à 10 minutes). C’est plus facile à répéter et permet des succès rapides qui renforcent la motivation. Modifiez votre environnement : enlever les tentations ou rendre le comportement souhaité plus accessible.

4. Prévoir le suivi et l’entourage

Mesurez les progrès (journal, appli) et cherchez du soutien : partenaire, coach ou groupe. L’accountability augmente nettement la probabilité de maintien.

5. Prévoir des récompenses et accepter les rechutes

Programmerez des petites récompenses pour chaque étape franchie. Et souvenez‑vous : une rechute n’annule pas le progrès. Analysez, ajustez et repartez.

Pour creuser : des articles de la American Psychological Association et des synthèses sur les stratégies pratiques offrent des ressources fiables et accessibles.

En résumé : ce n’est pas (toujours) un problème de motivation, mais souvent d’architecture — objectifs trop vagues, habitudes ancrées, manque de planification et environnement peu aidant. En construisant un plan clair, en automatisant les comportements souhaités et en acceptant le parcours (avec ses petits couacs), on multiplie les chances de réussite. Et si tout échoue encore, rappelez‑vous : une résolution remise à demain n’est pas un abandon, c’est juste une version beta.

Christophe Duhamel

Diplômé en informatique et en marketing, Christophe Duhamel est co-fondateur de Marmiton  et passionné de cuisine et de nutrition. Entrepreneur et manager expérimenté, il répond à de nombreuses questions pratiques, techniques, culinaires et sur bien d’autres sujets.

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