Pourquoi l’hiver peut-il accentuer certaines émotions négatives ?

L’hiver ne rend pas les émotions “plus fortes” par magie : il modifie plusieurs leviers biologiques et sociaux qui favorisent la tristesse, l’anxiété ou la sensation de lassitude. En résumé : moins de lumière, des rythmes bouleversés et des habitudes qui se recroquevillent — et hop, le moral prend un coup de froid.

Sur le plan physiologique, le manque d’exposition lumineuse ralentit l’horloge interne (les rythmes circadiens) et modifie la production de mélatonine et de sérotonine, hormones liées au sommeil et à l’humeur. La baisse d’ensoleillement peut aussi contribuer à une carence en vitamine D, qui influe sur certaines fonctions cérébrales et le système immunitaire. Pour les formes marquées, on parle de trouble affectif saisonnier (TAS).

Les facteurs environnementaux et sociaux accentuent le phénomène : moins d’activités extérieures, une tendance à s’isoler quand il fait froid, des fêtes de fin d’année sources de stress ou de solitude, et parfois une alimentation plus riche en calories “réconfortantes”. Tout cela réduit l’activation physique et sociale qui aide normalement à réguler l’humeur.

Si ces symptômes sont importants (fatigue extrême, perte d’intérêt durable, idées noires), il est important de consulter : il y a une différence entre le “coup de blues hivernal” et une dépression saisonnière nécessitant un traitement.

Les mécanismes détaillés

Concrètement, on peut retenir trois axes principaux :

Lumière et horloge biologique : moins de lumière du jour signifie un décalage de nos rythmes. La mélatonine, l’hormone du sommeil, reste plus longtemps active, et la synthèse de sérotonine peut diminuer — ce qui entraîne fatigue, baisse de l’énergie et humeur triste. Pour en savoir plus sur l’impact des rythmes circadiens, voir Inserm.

Nutrition et métabolisme : l’envie de sucres et de plats gras augmente parfois en hiver, modifiant l’équilibre énergétique et les sensations de bien-être. La vitamine D, produite par la peau sous l’effet du soleil, peut chuter et influencer l’humeur.

Facteurs psychosociaux : isolement, réduction des sorties, contraintes financières liées aux fêtes, ou la simple attente d’un printemps qui tarde : tout cela pèse sur l’état émotionnel et amplifie l’anxiété ou la mélancolie.

Que faire pour atténuer ces effets ?

Quelques mesures simples peuvent vraiment aider :

Exposition à la lumière : sortir 20–30 minutes en journée, surtout autour de midi. En cas de symptômes importants, la luminothérapie (lampe 10 000 lux) est souvent recommandée sous avis médical.

Activité physique régulière : même une marche quotidienne stimule les neurotransmetteurs du bien-être.

Rester connecté : maintenir des contacts sociaux et des routines aide à combattre l’isolement.

Alimentation et sommeil : limiter l’alcool, équilibrer les apports et garder des horaires de sommeil réguliers.

Supplémentation éventuelle : faire doser la vitamine D si besoin et suivre les conseils d’un professionnel de santé.

Si les symptômes persistent ou s’aggravent, n’hésitez pas à consulter un médecin ou un psychologue. Des traitements efficaces existent, de la luminothérapie à la psychothérapie et, si nécessaire, aux antidépresseurs. Pour un guide pratique et des informations fiables sur le trouble affectif saisonnier, voyez la page du NHS.

Christophe Duhamel

Diplômé en informatique et en marketing, Christophe Duhamel est co-fondateur de Marmiton  et passionné de cuisine et de nutrition. Entrepreneur et manager expérimenté, il répond à de nombreuses questions pratiques, techniques, culinaires et sur bien d’autres sujets.

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